Au croisement des modernités

Un petit vallon à la pointe

En matière d’urbanisme, de paysage et d’écologie, notre bout de vallée a sans doute été bien innovant, pour le meilleur et peut-être pour le pire. Est-ce sa situation un peu périphérique qui en a fait un lieu d’expérimentation ? Quoi qu’il en soit, le Maelbeek a été la première rivière à avoir été voûtée à Bruxelles, avant que d’autres, dont la Senne, ne subissent le même sort. La vallée du Maelbeek a été l’une des premières à avoir été traversée par le chemin de fer. Elle a été confrontée aussi à l’urbanisme du pouvoir. Nulle autre vallée à Bruxelles ne s’est vue à ce point encadrée par des voies rayonnantes comme la rue de la Loi, l’avenue de la Couronne, l’avenue Louise…

Mais le Maelbeek innove aujourd’hui d’une tout autre manière. C’est autour de Flagey qu’a émergé, avec les Bassins versants solidaires ou les Nouvelles rivières urbaines, une vision de la gestion de l’eau décentralisée et d’un urbanisme de réseau. C’est dans cette vallée qu’est née l’une des premières expériences d’agriculture urbaine collective au jardin de la rue Gray, ainsi que le compost collectif et tant d’autres. C’est aussi ici qu’a émergé un urbanisme plus ouvert, avec l’appel à idées de la place Flagey. Un renouveau prometteur à suivre attentivement…

Maelbeek Mon Amour

Qui pourra encore habiter notre vallon demain ?

Les fonds de vallée ont longtemps été plus industrieux. Certes, sur le Maelbeek, on n’a pas vu se déployer une industrie au sens où cela s’est vu le long du canal. On pourrait plutôt parler d’activités artisanales.

C’est aussi parce que les activités économiques se situaient dans les fonds de vallée que les quartiers les plus populaires s’y sont installés. La vallée du Maelbeek, entre Jourdan et Flagey n’échappe pas à cela. Mais depuis longtemps des pressions importantes se sont exercées sur cette partie de la vallée. Il a été question, pendant les années septante, d’y construire une autoroute urbaine (voir module 8).

Le quartier a été préservé, mais aujourd’hui, en 2018, entre Schuman-Quartiers européens et Flagey-Louise, la pression est plutôt immobilière. Et la question est de savoir qui va pouvoir habiter demain dans cette zone traditionnellement populaire ? Si ce vallon veut rester à la pointe, il devra inventer des manières d’habiter, de vivre et de travailler, qui n’excluent pas les plus fragiles d’entre nous.

La vallée oubliée

Ce travail cartographique réalisé en 2013 par Benoît Menu, étudiant en architecture (ulb), montre comment les voies du progrès (technologique) viennent quadriller la vallée mais ne l’effacent pas vraiment même si nous en avons perdu conscience.