La solidarité dans la vallée

Une puissante colonisatrice ou comment en venir à bout ?

Les lignes de chemins de fer sont de plus en plus reconnues comme étant des couloirs de pénétration pour la biodiversité. Leurs talus offrent une forte continuité géographique et une importante surface cumulée. C’est pourquoi il faut les gérer de manière adaptée et ne pas les laisser se faire coloniser par des plantes invasives comme la Renouée du Japon.

C’est une coriace…

L’ennemie : la Renouée du Japon (Fallopia Japonica)

La Renouée du Japon (Reynoutria japonica ou Fallopia japonica) est une plante herbacée vivace. Ses tiges robustes, creuses, en forme de bambou, montent jusqu’à 4 mètres de haut. L’espèce possède un important réseau de rhizomes souterrains qui s’étendent jusqu’à une distance de 15 à 25 mètres du pied mère et s’enfoncent dans le sol jusqu’à une profondeur de 3 à 7 mètres.

Elle présente d’impressionnantes capacités de multiplication végétative et d’expansion par les rhizomes (jusqu’à 1 m/an). Un fragment de rhizome ou de tige de quelques grammes peut générer une nouvelle plante. Le transport de sols contaminés par des rhizomes est l’un des principaux vecteurs de propagation de la plante.

Comme la berce du Caucase, que l’on retrouve également sur les talus de chemins de fer, la Renouée du Japon fait partie des plantes invasives les plus problématiques en Europe. Elle apprécie des habitats aussi divers que les berges des cours d’eau, les zones alluviales ou les talus des routes et des voies ferrées. Elle tend à y former des populations denses qui freinent voire empêchent le développement de la flore indigène et modifient les propriétés physico-chimiques du sol. Sa vigueur, sa vitesse de croissance et de multiplication sont telles qu’il est très difficile d’en venir à bout.

Mais on l’aura !

Dans le cadre du Contrat de quartier durable Maelbeek, une opération a été menée visant à refaire du talus de chemin de fer un lieu de biodiversité. La Renouée du Japon a été fauchée et remplacée par quatre espèces indigènes d’arbustes offrant le gîte et le couvert à la faune locale. Toutes quatre portent ainsi des fruits appréciés par les oiseaux. Les arbustes ont été plantés de manière très dense (2 pieds au m²) afin d’empêcher la renouée de revenir.

Les espèces choisies sont :

  • Cornouiller sanguin (Cornus sanguinea) ;
  • plante mellifère commune de nos sous-bois ;
  • Troène commun : (Ligustrum vulgare) ;
  • Prunellier ou épine noire : (Prunus spinosa) ;
  • Camérisier : (Lonicera xylosteum).

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