Petite rue, longue histoire

Entre espace public et privé

La configuration spatiale de la petite rue Malibran est assez particulière et plutôt inhabituelle. Il s’agit bien d’un espace public accessible à tous. Et même si le lieu n’est pas trop connu (chut, n’en parlons pas trop !) les usages y sont multiples et le plus souvent discrets. Il arrive que certains soient perçus par le voisinage comme plus dérangeants. Mais cela est dû à cette configuration spatiale si particulière. Cette voirie publique donne une impression d’isolement, alors qu’au fond elle traverse un intérieur d’îlot. Inversement, ce qui apparaît pour les riverains comme un intérieur d’îlot est en fait un espace public. On peut comprendre la sensibilité particulière des habitants, même si l’on peut tout autant comprendre l’importance pour certains usagers d’avoir des lieux moins visibles qu’ils puissent s’approprier. Ce sont deux légitimités qui doivent dialoguer.

Un espace à gérer en commun ?

Face au problème posé par cette double légitimité d’usage, public et privé, il a été décidé de travailler sur l’inclusion. Le manque d’espace pour les jeunes étant criant de ce côté de la Commune et les jeunes étant un des publics présents dans cet espace, l’idée a émergé, dans le cadre du Contrat de Quartier Durable Maelbeek, de construire ici la Maison de Jeunes Malinard.

Trois ans durant, de 2016 à 2019, JES asbl a animé un processus participatif afin de préparer le terrain et de revitaliser le lieu. Les enfants, les jeunes et les organisations locales ont construit une cabane, des goals de foot, un bac à sable géant, ont discuté avec les architectes et ont trouvé le nom de la Maison des jeunes.

Malinard occupe donc le rez-de-chaussée du bâtiment sis rue Marie-Henriette et a la particularité de s’ouvrir sur la Petite Rue Malibran. Elle offre, via le public jeune, un espace de dialogue avec le quartier en vue de permettre à chacun d’être co-responsable du vivre ensemble dans ce lieu. Ainsi, les différents usagers pourront apprendre à se connaître et tendre vers une appropriation collective de cet espace commun.

Illustration Anne-Sophie Opara de Anso