Le progrès pas à pas

Vers les communs ?

Ce jardin, comme nombre d’autres sites que nous explorons avec cette Curieuse Balade du Maelbeek, aborde une notion que l’on croyait désuète mais qui reprend vigueur aujourd’hui : celle des communs. La propriété privée n’a pas toujours existé telle que nous la connaissons, mais c’est elle qui se retrouve au fondement de tout développement urbain, économique, l’État jouant le rôle de régulateur, mais de plus en plus difficilement. La ville se marchandise et le risque de la voir se construire uniquement sur des critères économiques et de bénéfices financiers ne cesse de s’accentuer. Par exemple, l’amélioration d’un espace urbain permet de valoriser l’ensemble du foncier qui l’avoisine, ce qui fait monter les loyers et crée le risque de l’éviction des populations les plus défavorisées, ainsi qu’une densification croissante et une pression accrue sur les espaces ouverts et les ressources naturelles.

Il n’est pas impossible qu’entre Flagey et Jourdan, entre quartier Louise et quartiers européens, notre petit bout de territoire populaire soit soumis à une pression spéculative. Face à de telles situations, que l’on retrouve dans toutes les villes mondialement connectées, des expériences s’élaborent autour des communs. S’il ne s’agit pas d’éliminer le droit de propriété, il s’agit – notamment – de lui opposer un droit d’usage des multiples ressources qu’offre la ville. Il s’agit aussi de remplacer la compétition par la coopération. Cette idée des communs s’oppose tout autant à celle d’une gestion centralisée par l’État qui, après la chute du mur de Berlin, a perdu toute crédibilité. Avec les communs, ce sont les collectifs d’usagers d’une ressource qui créent les règles de gestion d’appropriation de cette ressource et des soins qui sont nécessaires à cette dernière pour en assurer la durabilité. Une idée somme toute libérale, sociale et environnementale que nous pourrions expérimenter dans notre vallée.